Notice historique sur Curbigny

d’après Lespinasse, curé de Curbigny (1869)

1° coup d’œil général sur le lieu

La manière d’écrire le nom de cette paroisse a varié selon les temps. Au 10e siècle, on l’écrivait en latin Curbiniacus, par conséquent en français Curbigny. Dans le cours du 15e siècle, on le trouve écrit Curbigny et Corbigny. Dans le cours du 17e, on le trouve écrit quelques fois Corbigny et Courbigny mais toujours plus communément Curbigny. Dans le cours du 18e et 19e siècle, on a invariablement écrit Curbigny.

Quelle est la plus ancienne de ces différentes manières d’écrire ? Je ne saurais le dire. D’où vient ce nom ? Quelle en est l’étymologie ? Si c’est Curbigny qui est le nom primitif, on peut raisonnablement le tirer de curtis  bina qui veut dire domaine de deux, appartenant à deux maîtres à la fois. A l’appui de cette étymologie, je remarque qu’avant 1793, cette paroisse dépendait de deux seigneurs de la Bazolle et de la Clayette. Ils étaient chacun seigneur de la moitié du clocher, c’est à dire des territoires qui en dépendaient . On peut croire que cette paroisse a été fondée par les deux seigneurs d’un commun accord parce que ces deux châteaux ont dû être primitivement l’u n et l’autre sur le territoire de Curbigny et que l’église se trouve établie à peu près à égale distance de l’un et de l’autre. L’ancienne chaire à prêcher portait sur ses panneaux les armoiries des deux seigneurs. Cette paroisse ainsi établie sur un territoire dépendant de deux maîtres et fondée par eux d’un commun accord on aura trouvé naturel de l’appeler Curtis bina et par contraction et substantivant les deux mots Curbiniacus.

Si, au contraire, Corbigny est le nom primitif, il peut dériver de collis bina, colline double, à deux versants ou entre deux vallées. Curbigny est en effet entre deux vallées et sur une côte ou colline à deux versants. De collis bina on aurait fait, en contractant et substantivant les deux mots colbiniacus et, en changeant le « l » en « r », Corbiniacus . Le nom de Corbigny dans le département de la Nièvre vient de Corbon, seigneur qui en possédait le territoire au 8e siècle.
J’ignore à quelle époque remonte la fondation de la paroisse de Curbigny mais il est certain qu’elle existait déjà au 11e siècle. Avant 1793, elle dépendait comme aujourd’hui du diocèse d’Autun et elle faisait partie de l’archiprêtré de Bois Saint e Marie. Elle était sous le patronage de l’abbé de Cluny. Quant au civil, elle dépendait du bailliage de Mâcon, de la recette de Semur et des comtés de la Bazolle et de la Clayette.

Le territoire de Curbigny était autrefois plus étendu qu’il n’est aujourd’hui, il comprenait l’hôtel de Bourgogne, le quartier de la Gaieté près du château de la Clayette et le domaine de la Segaude, ne laissant hors de sa limite, de ce côté, que le château de la Clayette. Toute cette partie fut détachée de Curbigny et réunie à la commune de la Clayette par décret du gouvernement daté du 2 avril 1850, pour commencer le cours de ladite annexion au premier janvier 1851. Je suis porté à croire que la limite première du côté de la Clayette fut le ruisseau qui traverse l’étang et s’écoule par la bonde et, lorsque les seigneurs de la Clayette firent construire l’église Sainte Avoye à la Clayette et y eurent établi un service vicarial, pour jouir de la proximité des offices qui y étaient célébrés les dimanches et fêtes, ils durent détacher de Curbigny leur Château en obtenant que la limite de Curbigny, au lieu de passer au midi et en suivant le cours du ruisseau, fut fixée au déchargeoir, au nord du château, comme c’était encore en 1850, époque où cette limite fut transportée jusqu’au portail du clos, sur le chemin de Curbigny .

Dans son état actuel, Curbigny renferme 1011 hectares de superficie et 450 habitants, 83 maisons, un moulin, trois tuileries et fours à chaux. Son sol, dit Courtépée, est argilo-quartzeux. Dans sa partie orientale, cependant il est purement granitique. Avant 1793, on voyait peu ou point de froment, les pâturages y étaient médiocres. Tout es bien changé aujourd’hui sous ce rapport : on y voit beaucoup de bon prés et le froment a partout remplacé le seigle. Pays en bon air mais mauvais chemins, disait encore Courtépée, le terrain se détrempe aux premières pluies. Aujourd’hui encore, malgré bien des travaux de réparation, les chemins sont toujours mauvais surtout dans la partie occidentale. On manque de pierres convenable pour pierrer les chemins. Celles du pays se pulvérisent promptement sous le poids des voitures.

On voyait autrefois des vignes à Curbigny entre le village de Gueurce et le château de la Clayette, au matin du grand chemin, dans un champ qui s’appelle encore aujourd’hui « la vigne ». Il paraît que le vin qu’elles produisaient ne manquait pas de qualités puisque le 10 octobre 1753, Noël Gayot, leur vigneron demeurant à la Segaude, fut asphyxié en foulant la cuve dans la première cour du château. M. Desroches qui lui donna la sépulture et écrivit son acte de décès et d’enterrement en nous conservant le souvenir de ce malheur, rend témoignage que Noël Gayot était un homme de bien.

Peu de paroisses ont été bouleversées comme Curbigny : quantité de maisons et même de villages ont disparu. Des endroits anciennement habités ne conservent plus aucune maison. L’époque gallo-romaine a laissé à Curbigny de nombreuses traces, des débris de tuiles à rebord ont été observées en plusieurs champs :
–- dans la terre appelée « Gaudine » , on y a même trouvé une meule de moulin à bras ;
–- aux Bruyères, à droite et à gauche du chemin qui va de Drée au Bois sainte Marie à l’orient de la nouvelle route de Colombier ;
–- sur le versant méridional au dessus de la queue de l’étang de la planchette ;
–- sur le haut de la côte près du chemin qui vient de la Clayette à Sarre et au matin dudit chemin où l’on a défriché un bois ;
–- dans le milieu du champ qui se voit au midi de la croix de la Bourdonnière ;
–- au dessous du domaine de la ramée et le long du chemin qui conduit dans le bas des prés ;

–- à la naissance de la petite vallée qui descend à la Planchette, au dessus de la Bourdonnière, on a trouvé en cultivant, la fondation d’une longue muraille allant du matin au soir d’ou l’on a tiré une sixaine de toises de pierres, ce qui fait supposer que dans cet endroit a dû être autrefois une demeure importante ;
–- plus haut et au soir du chemin qui descend de Sarre à la Clayette, on a trouvé un puits qui supporte une ancienne habitation en ce lieu, ce puits avait été rétabli pour le service d’une petite maison nouvelle qui a disparu à son tour ainsi que le puits ;
–- au nord-ouest de la Barbière et dans le coin sud du pré qui règne jusqu’au domaine des Collas fut autrefois tout un village dont la démolition remonte au temps que les de Damas étaient propriétaires de la Bazole ;
–- dans le pré situé au midi du château de Drée était également un village,  sur le haut de la côte ;
–- plus bas dans le même pré, il existait il y a peu d’années encore , un domaine démoli depuis une trentaine d’années ;
–- dans la terre sous le jardin de la cure était une habitation qui, en 1791, appartenait à M. Côme Gaillard de la Clayette. Cette maison fut démolie lorsque le château de Drée fit acquisition du fond ;
–- à l’extrémité occidentale de la terre qui se voit au nord de l’église et joignant le cimetière était également une maison qui appartenait aux Dudelay ;
–- près du petit étang situé au nord du chemin qui conduit au domaine des ranches, il y avait plusieurs maisons à droite et à gauche du chemin ;
–- au milieu du pré Bauderon, entre le domaine de la Ramée et celui de Gueurce, au soir du grand chemin et sur une petite éminence, on a trouvé les traces d’une habitation ancienne ;
–- à Montprevet, une maison a disparu aussi, au matin du chemin ;
–- le village des Bruyères qui n’est pas ancien est venu remplacer une partie de toutes ces habitations disparues.

D’après toutes ces observations, il est aisé de remarquer que la partie sablonneuse ou granitique de Curbigny fut la plus anciennement habitée comme offrant moins de difficultés à la culture à une époque où les instruments aratoires étaient loin d’avoir la puissance et le perfectionnement qu’ils ont aujourd’hui.

Note : la plan cadastral de 1826 n’indique pas autant de zones habitées :

tableau d'assemblage Curbigny 1826, AD 71

http://www.archives71.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTUtMDUtMjIiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6MztzOjQ6InJlZjIiO2k6ODc1MDtzOjg6InR5cGVfaW1nIjtzOjc6Inpvb21pZnkiO3M6MTY6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWwiO2I6MTtzOjIxOiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sX21vZGUiO3M6NDoicHJvZCI7fQ==#uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoomifyInfos=6040%2C3899.5%2C0.1118092063085011&uielem_zoom=0

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