Notice historique sur Curbigny (3e partie)

Le presbytère, sa consistance

L’emplacement de la cure paraît être le même que dans les temps anciens, du moins je ne trouve pas qu’il ait été nulle part ailleurs. L’enclos de la cure a dans son entier une mesure et demie ou environ 26 ares de contenu. La maison curiale état autrefois le long du chemin au midi des bâtiments de desserte et attenante. J’en ai encore vu quelques fondations en creusant dans cette partie.

En 1738, la cure était dans le plus pitoyable état de délabrement et de pauvreté. Elle ne consistait qu’en une pièce basse servant de cuisine, un petit grenier au dessus et un appentis où était un four en très mauvais état, ainsi que la grange et une écurie composant les bâtiments de desserte et la cour était sans clôture. Telle était la cure de Curbigny lorsque M. Desroches en prit possession. Il n’y avait pour toute chambre à sa disposition que le mauvais fournil en appentis dont je viens de parler. C’est là qu’il était obligé de coucher, exposé à toute la rigueur du froid, par le défaut de plancher consistant en mauvais (?) garni de planches, le tout pourri par les gouttières et menaçant ruine. Le mur qui séparait de la cuisine une si pauvre chambre menaçait pareillement ruine. Les bâtiments de desserte avaient aussi bien besoin de réparations très urgentes. En 1738, époque de l’entrée de M. Desroches à Curbigny, le temps était si fâcheux à cause de la cherté du grain qu’il ne voulut faire aucune demande de réparations. Il se contenta de faire, de son côté, ce qu’il pouvait. Il commença par faire raccommoder les portes et les fenêtres puis recouvrir et remailler en plusieurs endroits et clore la cure. La cherté du grain dura jusqu’en 1742, des jours meilleurs étaient venus. Il invita les habitants et les forains à pourvoir à un si légitime besoin. Mais ils demeurèrent sourds à ses prières quoique plusieurs fois répétées. Alors il résolut de recourir, pour obtenir la réparation de sa cure, au moyen qu’avait employé M. Claude Lempereur pour la réparation du clocher, ne lui étant plus possible d’habiter dans son presbytère. Le 21 septembre1743, il adressa à ses paroissiens une sommation solennelle… protestant que si la démarche restait sans effet il recourrait à monsieur l’intendant de la Généralité de Bourgogne pour obtenir ordonnance de faire faire la visite et un devis des réparations, leur mise en adjudication et jeter un impôt forcé sur tous les cotisables de la paroisse et les obliger ainsi de payer par les voies de droit. Ici encore, j’ignore quel fut le résultat de cette nouvelle sommation mais enfin cette pauvre cure prolongea son existence jusqu’à 1784 que M. Ray réussit à la faire reconstruire tout à neuf. Alors elle fut changée de place. De la partie occidentale du clos, elle fut transportée à la partie septentrionale où on la voit aujourd’hui. Cette reconstruction de la maison curiale coûta 4200 francs en y comprenant la refonte de la seconde cloche pesant 208 livres. Les bâtiments de la desserte restèrent à leur ancienne place.

1785bénédiction 2e cloche
1785 bénédiction de la seconde cloche

 

Le 10 mai 1791, monsieur Ray témoigne aux émissaires du gouvernement que sa cure se compose de la maison d’habitation, de la grange, écurie, cour, jardin et verchère, le tout compris dans le même clos de la contenue d’une mesure et demie, jouxtant de matin la verchère du sieur Côme Gaillard, de midi celle de Claude Fusil et sa maison, de soir le chemin du château de Drée à la Clayette et de bise celui du village de Curbigny à Varennes. En 1793, la cure fut vendue par la Nation. L’acquéreur fut Gilbert Michel. Le 23 novembre 1807, le marquis Etienne de Drée la racheta dans le dessein de la remettre à la commune pour son ancienne destination. C’est ce qu’il fit le 19 décembre 1828 au prix de 3500 francs, le même prix qu’il l’avait achetée.

Jusqu’à 1830 au moins, le jardin de la cure n’avait pas d’autre clôture que des haies vives. C’est à partir de cette époque que furent successivement construits les murs qui l’entourent de toute part : d’abord le mur oriental, puis le mur méridional qui fut construit par le sieur Fusil propriétaire de la maison qui se voit au midi du jardin et appartient par conséquent à la maison, enfin le dernier construit est celui qui longe le grand chemin de la Clayette et le chemin de la Bourdonnière. Les bâtiments de desserte laissés à leur ancienne place lors de la construction de a maison curiale, au temps de M. Ray finirent par s’ébouler. Plusieurs années s’écoulèrent avant que la commune les fit reconstruire. Enfin, on les rebâtit en 1866. Ils se composent d’un fournil au midi, d’une écurie au nord et d’une grange au milieu. Sous le fournil, on pratiqua à la demande de M. Lavergne, alors curé, une petite cave voûtée pour la commodité du jardin, mais cette cave se trouvant si basse et privée d’air servira à peu de choses.

Aujourd’hui (en rouge) sans murs de clôture, mais pas vraiment un « jardin de curé »…
cure
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