Notice historique sur Curbigny (5e partie)

Suite des curés de la paroisse de Curbigny
(…)Pour établir la liste des curés qui ont successivement gouverné la paroisse, j’ai d’abord eu recours aux registres anciens et nouveaux, aux vieux titres conservés à la mairie. Les registres ne remontent pas au delà de1648 mais les titres remontent bien au delà. Des titres de Baudemont plus anciens encore que tout ce que nous pouvons avoir ici, m’ont fourni le noms de trois de mes prédécesseurs et ce sont les plus loin que j’ai pu découvrir . Je partagerai cet article en deux séries : la première se terminera en 1793 et la seconde commencera en 1803, époque du rétablissement du culte dans cette paroisse, après la révolution.


1ère série

Le premier curé de Curbigny dont j’ai pu découvrir le nom est monsieur Girard Revesie, prebytero curato curbiniaci, en 1438. Le lundi 4 août de ladite année, il était témoin au testament de monsieur Jean Chaderon, curé de Baudemont où l’on conserve encore un extrait dudit testament, tout en latin. C’est tout ce que je trouve de lui

Le second est monsieur Ferrin Revesie. Le 15 septembre 1477,il était présent à l’installation de monsieur Benoît Béraud à la cure de Chassigny sous Dun. Il est vraisemblablement le successeur immédiat de monsieur Grirad Revesie son homonyme.

Le troisième est monsieur Pierre Gondi, presbyter et curatus prochiatis ecclesiae de Corbigny en 1497. J’ignore s’il est le successeur immédiat de Ferrin Revesie mais c’est très probable parce qu’a cette époque, les curés changeaient peu. On voit par un vieux titre conservé à Baudemont que monsieur Pierre Gondi était notaire (regius et juratus nostrae curiae, dit monsieur Antoine Desmolins, plus bas mentionné). Je remarque qu’à cette époque, il n’était pas rare de voir des ecclésiastiques exercer les fonctions de notaire. De son vivant, il avait reçu plusieurs contrats, lettres, notes, actes et autres documents pour le besoin de différentes familles. Le tout était écrit, enregistré dans ses livres, papiers… et signé de sa main. Mais, surpris par la mort, il n’avait pu rédiger toutes choses et les mettre en grosses, ce qui pouvait devenir préjudiciable aux personnes intéressées. Il fallait pourvoir à tout cela. C’est ce que fit monsieur Antoine Desmolins (civis et praepositus regius matisconensis) qui confia cet important travail à monsieur Jean Philippe notaire de la Clayette dont il connaissait la probité, diligence, science et habileté. C’est tout ce que je puis dire à son sujet.

Le quatrième curé que je trouve à Curbigny est monsieur Mathieu Tramey, qualifié de vénérable messire. Il faisait en 1512 un échange de droits, cens, servis et rentes d’une valeur de trois livres avec noble et puissant seigneur Philibert de Damas, seigneur de la Bazolle, en présence de noble Gérard de Villiers, seigneur de la Bordonnière, devant P. Babon, notaire au Bois Sainte Marie, le mercredi avant Noël. Cet acte se voit encore aux archives de la mairie de Curbigny. En 1528, je trouve monsieur Claude Dutel vicaire de Curbigny. En ladite année, il faisait acquêt à la fabrique de la verchère dite des Levrots. L’acte de cet acquêt se voit encore aux archives de la mairie. La présence d’un vicaire à Curbigny surprend un peu le lecteur surtout à une époque où la paroisse devait être encore bien moins peuplée qu’aujourd’hui. Mais elle s’explique par le grand âge de monsieur Tramey que les années rendaient déjà vénérable en 1512.

En 1554, on trouve monsieur Antoine Collonge curé de Curbigny. Le 6 octobre de ladite année, il témoignait que la cure possédait la terre et le pré de la Saigne, la terre appelée « de la Rivière », les terre et paquier du Guivert, lea terre en Vauzelle et un chauffage dont le titre en latin était du 26 juin 1464.

En 1593, je trouve monsieur Jean Fournier, curé de Curbigny (archives de la mairie)
Jusque là, je ne puis être sûr d’avoir tous les curés qui se sont succédés dans cette paroisse. Il peut bien y en avoir dont les noms sont demeurés inconnus par suite de la perte des papiers de l’église. Mais voici une époque plus éclairée et mieux renseignée. Désormais, plus aucun ne nous échappera parce que nous avons les registres qui vont nous indiquer, année après année, tous les curés passant dans la paroisse.

Monsieur Claude Lempereur [de 1631 à 1648] est, il est vrai, antérieur à la date des registres mais il précède de si près que je puis croire à bon droit qu’il est le prédécesseur immédiat de monsieur Delorme qui a ouvert le cours des registres encore subsistant. A son entrée, il trouva le clocher en mauvais état, il en poursuivit énergiquement la réparation comme nous l’avons vu plus haut.

Son successeur fut monsieur Claude Delorme. Le 7 février 1650, je le vois vicaire de Varennes sous Dun et de la Clayette et faisant, en cette qualité, un baptême à Curbigny en l’absence du curé qu’il ne nomme pas mais qui était probablement monsieur Claude Lempereur. C’est donc du vicariat de Varennes que monsieur Delorme passa à la cure de Curbigny et, y venant, il changea de diocèse puisque Varennes était du diocèse de Mâcon et Curbigny d’Autun. (…) En 1864, on trouve monsieur Claude Choulas, prêtre demeurant à la Bazole. J’ignore à quel titre, si c’est comme précepteur ou comme aumônier ou autrement.

A monsieur Delorme succéda monsieur Jean Pillet, docteur en théologie. Son premier acte est du 26 juin 1667. En tête d’un de ses registres, on lit ces paroles : « Nos oportet gloriari in cruce domini nostri Jesu christi. » Par cela seul, on voit quelles ont été souvent l’objet des méditations de ce bon curé et il est très utile pour un prêtre de les méditer. Oui, il faut nous glorifier en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, c’est à dire aimer les souffrances et les supporter patiemment et avec courage. En tête de plusieurs autres registres, on lit ces mots : « In nomine jesu omne genuflectatur. » Que tout genou fléchisse au nom adorable de Jésus. Ces quelques paroles écrites de la main du pieux pasteur révèlent, ce me semble, tout le fond de son cœur et témoignent de son respect et de son amour pour la personne et la croix de son divin maître. On voit encore présentement, sur le grenier de la cure, une sorte de coffre-fort en forme de tombeau ou de cercueil destiné sans doute à fermer les objets précieux de la cure. Ce coffre-fort pourrait bien être de monsieur Jean Pillet ou de l’un de ses deux frères, ses successeurs dans la cure de Curbigny, voulant bien se pénétrer de l’esprit de détachement des choses de ce monde par le souvenir de la mort que ce cercueil coffre-fort leur rappelait sans cesse. Et, en effet, monsieur Antoine Pillet, le dernier des trois, donna tout ce qu’il avait à l’église ou à la cure de Curbigny. Car ces messieurs Pillet étaient trois frères prêtres qui furent l’un après l’autre curés de cette paroisse. Tous les trois moururent à la cure de Curbigny et furent inhumés dans l’église, comme nous l’apprend monsieur Jean François de Montilly, leur successeur immédiat. Leur sœur Anne Pillet qui habitait sans doute avec eux mourut aussi à Curbigny et fut enterrée dans l’église, entre la balustrade et l’autel de saint Pierre, du côté de l’Épître. Ce qui nous apprend qu’alors l’autel de saint Pierre était du côté de l’Épître, en place de l’autel actuel de la sainte Vierge.
Je ne puis dire en quel temps mourut monsieur Jean Pillet parce qu’alors, on n’était pas dans l’usage d’écrire les actes de décès et de sépulture. J’ai remarqué partout la même lacune. Mais il était encore curé de Curbigny le 7 février 1673 (…)
Il est certain qu’il eut pour successeur son frère Jacques car, le 24 janvier 1679, monsieur Jacques Pillet étant parrain, l’acte de baptême le qualifie de curé de Curbigny (…) Il disparaît après le 9 avril 1679 pour laisser sa cure à son frère Antoine.
C’est en 1680 que monsieur Antoine Pillet prit possession de la cure demeurée vacante (…) Son premier acte au registre de Curbigny est du 21 décembre 1680 et son dernier du 23 septembre 1713. Il occupa ainsi la cure pendant 32 ans et, à eux trois, pendant 46 ans. Le 20 octobre 1713, on le voit gisant au lit et malade et faisant son testament où il n’oublia point sa cure ni son église puisqu’il donna à la première la terre de Montprevet et le clos de saint Pierre qui lui appartenaient et à la seconde son calice, son missel, son livre de chant, une aube en toile fine et un cordon. En échange de tous ces objets laissés à la cure ou à l’église, il se réserva pour lui et ses prédécesseurs vingt messes basses annuelles et à perpétuité. Dans ses pieuse libéralités, il n’oublia pas non plus son fidèle domestique, Claude Boussand à qui il légua tout un petit ménage (…). Ce ne fut qu’un an après qu’il mourut, le 4 octobre 1714 muni de tous les sacrements à l’âge de 81 ans et fut inhumé dans l’église, tombeau de ses prédécesseurs, comme il l’avait demandé.
Un successeur lui fut donné près d’un an avant sa mort, ce qui indique que son état de santé ne lui permettait plus de remplir ses fonctions.

(à suivre)

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