Faites vos potions avant de partir

Vous envisagez peut-être de partir en voyage ? N’hésitez pas à préparer ces recettes (1) :

Contre la rage :

Six pintes de bon vinaigre qu’on met dans un pot de grès assez grand pour contenir :

  •  l’hysope,
  • la sauge,
  • le thym,
  • la lavande,
  • le baume,
  • l’estragon,
  • la pimprenelle,
  • deux têtes d’ail,
  • deux poignées de sel gris,
  • vingt grains de girofles (…)

    Fermer le pot hermétiquement et le laisser ainsi couvert pendant un mois.

    On se sert de ce vinaigre pour arroser la chambre d’un malade et chasser le mauvais air et empêcher la personne qui s’en est frottée d’être pour ainsi dire asphyxiée par l’air épais

    Appliquée sur des contusions graves, cette eau a eu de bons résultats.

Autre recette (précision de l’auteur : « Remède contre la rage, éprouvé »)

Prenez une poignée de sauge, une de rue, une de triolet.

Pilez bien le tout dans un mortier et mettre ce composé dans un vase.

Pilez ensuite dans le mortier treize ou quatorze clous de girofle avec de la peau d’orange aigre du poids d’un écu de trois livres.

Remettez tout ensemble dans le mortier et re-pilez avec soin toutes les matières.

Jetez encore sur ces drogues deux poignées de sel prises à deux mains et bien pleines.

Pilez le sel avec tout le reste.
Délayez le tout dans deux verres de vin blanc vieux.
Exprimez au travers d’un linge, vous obtiendrez deux grands verres liquides.

On n’en fait prendre qu’un au malade. S’il le rejette, on donne le second.

 
Contre le choléra

tribune.jpg

 

La Tribune des Peuples (2)  annonce une nouvelle fort heureuse  : on a découvert une plante à la Havane qui guérirait le choléra comme la quinine la fièvre.

Une pauvre négresse nommée Dolorés qui vit dans la calle del Locito avait la réputation de guérir avec des plantes les varioles, les coliques et les dysenteries.

Elle a guéri sa propre fille, atteinte du choléra et proche du tombeau, par le rompesaraguey qui se rapproche de la famille des chicoracées et des corymbifères (3).

rompesaraguey

 

(1) du 18e siècle, trouvées aux Archives Départementales de Saône et Loire (J 146)

(2) La Tribune des Peuples est un périodique créé en 1849 par Adam Mickiewicz, premier éditeur et rédacteur en chef.  Il mourut… du choléra à Istambul en 1855 (Wikipedia)

(3) renseignements fournis par le Guichet du savoir link :

le Rompe saraguey est le nom commun, utilisé en Amérique latine, pour l’ Eupatorium Odoratum. (Eupatoire odorant)

L’eupatorium odoratum est un arbrisseau facilement identifiable grâce
– à l’odeur agréable qu’il dégage (d’où le nom d’espèce odoratum)
– à la pubescence grisâtre qui couvre toute la plante et qui est particulièrement visible au-dessous des feuilles
– à ses feuilles opposées et dentées
– à ses inflorescences denses et blanches qui éclosent entre les mois de décembre et de février.

Il a de nombreuses indications dans la pharmacopée traditionnelle, comme en témoignent certains de ses autres noms vernaculaires tels que « Guérit tout »

 

Source: Conservatoire botanique des Antilles françaises

Le Dictionnaire de Médecine de 1835 de Nicolas Philibert Adelon cite certaines variétés d’eupatoires (mais pas l’eupatorium odoratum) comme traitement, utilisé au XIXème siècle, contre le choléra.

Elle est, aujourd’hui encore, utilisée comme remède contre certaines affections cutanées et les diarrhées… et considérée comme une plante envahissante dans de nombreuses régions du monde…

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