1815, le vol de l’Aigle (première partie)

Jacques Marie Leclerc, ancien sous-lieutenant au 5e régiment de Dragons de l’Empire, écrit à Napoléon III pour demander à bénéficier de l’aide aux anciens soldats napoléoniens, pour soulager « les vieux débris de nos anciennes armées victimes de leur dévouement à la Patrie »

A Bissy sur Flay par Buxy
Le 8 janvier 1850

Je passerai rapidement sur mes deux premières campagnes de 1813 et 1814 pour m’étendre un peu plus longuement sur celle de 1815 en rappelant quelques épisodes du retour triomphal de l’Empereur de l’île d’Elbe jusqu’à Paris où je figurais comme acteur dans cette brillante épopée.

Enfant de bonne maison et dès ma jeunesse habitué aux exercices de cheval, j’étais déjà un cavalier consommé lorsque je rejoignis à Metz le 2e régiment des gardes d’honneur dans lequel je m’engageais pour voler au secours de la patrie menacée.

A peine arrivé à cette garnison, je demandais à faire partie d’un détachement qui allait rejoindre des escadrons de guerre à la grande armée de Saxe. Cette faveur me fut accordée et, après dix jours de grande marche, nous rejoignîmes le régiment. La sanglante bataille de Leipzig venait d’avoir lieu, l’armée était en retraite et ce fut à la de Hanau où notre régiment de brigade avec les Dragons de la garde y débuta par une brillante charge sur le corps d’armée bavarois qui avait eu l’intention de couper notre retraite sur Mayence. L’Empereur satisfait de ces glorieux débuts de notre régiment lui accorda 12 croix et, après avoir effectué notre retraite sur Mayence que nous ne fîmes que traverser, nous vinrent cantonner dans le Palatinat.

Nous étions à Worms le 1er janvier 1814 lorsque les Russes au nombre de 40 000 hommes traversèrent le Rhin près de Frankental et nous ayant coupé tout moyen de retraite sur la France, nous fûmes dans la nécessité d’aller nous renfermer dans les murs de Mayence.

Inutile de retracer ici tout ce qu’en a souffert la garnison pendant 4 mois de blocus, décimé par la peste car, au lieu des 34 000 hommes dont elle était composée, nous n’en sortîmes que 12 000.

Après l’abdication de l’Empereur et la prise de Paris nous rentrâmes en France et notre régiment (2e garde d’honneur) après avoir été passé en revue à Neuilly par le duc de Berry alla prendre garnison à Rambouillet où il fut licencié peu de jours après.

A ce moment, on formait les différents corps de la maison du roi et tous ceux d’entre nous qui voulurent en faire partie y furent admis. D’autres demandèrent leur congé et, enfin, un très petit nombre entra dans des régiments de ligne. Lors de l’inspection que vint passer de ces derniers le Général Exelmans, celui-ci me donna l’ordre de me rendre en qualité de sous-lieutenant dans la 19e division militaire à Lyon, près de monsieur le Général Digeon, inspecteur général des corps de cavalerie de cette division qui me donna l’ordre de me rendre dans mes foyers pour y jouir du traitement de demi-solde, en attendant les ordres ultérieurs du ministre de la guerre. C’était le 7 septembre 1814.

J’en arrive au narré des événements qui signalèrent le retour de l’Empereur de l’ile d’Elbe jusqu’à Paris où il arriva le 20 mars 1815 et moi le lendemain sur mon cheval d’escadron, ayant fait en 4 jours et demi une route de 100 lieues.

Le retour triomphal dont je faisais partie du cortège qui accompagnait l’homme des destinées de la France fut le plus beau moment de gloire et d’enthousiasme de ma carrière militaire et j’ose espérer (…) que vous ne lirez pas sans intérêt les quelques détails qui vont suivre. Ils vous donneront une idée de la vénération et de l’attachement que portaient à cette époque tous les habitants des villes et des campagnes à leur Empereur qui résumait aux yeux de tous le symbole de la Patrie.

A SUIVRE

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