Un hôpital pour la Chapelles sous Dun

Madame veuve Henriette Gay né Geoffroy, qui habitait aux Béraudières, à la Chapelle sous Dun, donne en 1874 un terrain de plus de 6000 mètres carrés à la société des mines de la Chapelle pour y construire un bâtiment destiné à servir d’hôpital pour les ouvriers au service de la mine et à condition que la mine paie également la personne choisie par la donatrice pour garder les malades et les blessés.

La donatrice demandait également que la mine fournisse le charbon pour chauffer l’établissement. Mais cette demande a été supprimée dans l’acte définitif. Le charbon n’était pas d’assez bonne qualité ?

Il était également prévu que le bâtiment revienne à la paroisse de la Chapelle (la « fabrique ») lors de la cessation d’exploitation de la mine. L’acte a transformé cette généreuse disposition (quoique un peu intéressée, le curé de l’époque étant de la famille) : il est simplement indiqué que la donatrice exprime le vœu que l’ensemble soit vendu au propriétaire voisin…

l’hôpital, quelque part entre la route de Charlieu et celle de Chauffailles

Je ne sais pas si cet hôpital a jamais été construit puisqu’il suffisait à messieurs les administrateurs de la mine (un directeur d’assurance, un négociant et un avocat tous lyonnais) de vendre le terrain !

Quelques années auparavant, un orfèvre de Lyon et un ancien président de la Cour Royale de Lyon pillaient sans autorisations le sous-sol des Moquets à la Chapelle sous Dun :

Le sous-sol de la Chapelle sous Dun est devenu très intéressant dans les années 1800 à cause de la houille qu’on y trouva.

Ça attirait du monde, et du beau…

et des rivalités de Far West parce que le gâteau à partager n’était pas immense.

Par exemple, vers 1839, Marc Teyssier rentier de Paris  et Michel Devillaine banquier de Roanne découvrent un jour que des montages se font dans un pré voisin de leur puits de mine aux Moquets.

De quoi de quoi, on va nous prendre notre minerai ?…

Les intéressés se précipitent chez l’Ingénieur en chef des mines qui leur confirme que leur voisin n’a pas encore l’autorisation d’exploiter :

– C’est une infraction à la loi du 21 avril 1810, leur déclare-t-il en conclusion. Si un propriétaire peut faire sur son terrain toutes les recherches qu’il croit utile pour parvenir à la découverte d’une mine, la loi lui refuse formellement le droit d’établir aucune exploitation avant d’avoir obtenu la concession.

Même s’il n’y avait ni usine ni machines sur place, des pirates exploitaient une mine sans concession.  Il va dresser un procès-verbal.

Malheureusement, il oubliera de le notifier aux contrevenants et tout sera à refaire.

L’État engage quand même une procédure. En octobre 1839, le Préfet de Saône et Loire interdit la poursuite des travaux d’exploitation. Les mois passent…

Il faudra neuf audiences au tribunal de Charolles pour faire condamner les pirates à… trois cents francs d’amende.

Entre temps, ils auront continué d’exploiter et de vendre leur houille aux fours à chaux de la région…

Les affaires, quoi !

Notes

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