A l’aide !

Madame veuve comtesse de Rocca, fille de monsieur de Rambuteau, ancien préfet de la Seine, connaissait la misère de la population dans les localités autour de Bois Sainte Marie, pays de son enfance, avec lequel elle avait gardé des contacts. Elle utilisa dans ce but les immeubles que possédait la famille de Rambuteau depuis longtemps au Bois Sainte Marie et consacra sa fortune au soulagement des pauvres.

Dès 1845, elle ouvrit une école pour les pauvres des communes de Bois Sainte Marie, Gibles, Montmelard, Ozolles, Colombier et Ouroux sous le Bois Sainte Marie. Madame de Rocca les instruisait elle-même après avoir suivi les cours de la Sorbonne et obtenu le brevet d’institutrice. Elle créa également une « providence » où elle recevait 24 jeunes filles, choisies dans les familles les plus pauvres, qui recevaient une instruction religieuse pour les préparer à la première communion.

Ayant vendu ses meubles et son argenterie parisiennes, elle organisa ensuite un service médical pour les pauvres qui les recevait tous les quinze jours pour des consultations gratuites.

En 1848, elle créait un refuge pour 24 garçons.

hospice BSM.jpg

l’ensemble aujourd’hui (EHPAD)

photo Ulm Pascal Auclair (janvier 2011)

En 1853, pour assurer l’existence de son œuvre, madame de Rocca donna l’ensemble à la congrégation hospitalière et enseignante des sœurs du saint Sacrement établie à Autun. Cette congrégation était tenue de perpétuer l’œuvre fondée par la donatrice.

Madame de Rocca espérait avoir fait quelque chose d’utile à son pays en donnant « une maison de secours pour l’instruction des enfants pauvres et abandonnés, le soin des malades, des conseils de toute nature, des médicaments gratuits, des secours charitables pour toutes les misères… « mais elle ne tarda pas à s’apercevoir que les principales conditions qu’elle avait eu la précaution d’insérer dans l’acte de donation n’étaient pas accomplies. D’abord, les communes bénéficiaires devaient accepter la donation, sur l’instigation de la congrégation. Rien de sérieux n’avait été fait, les communes qui avaient délibéré s’y étaient tellement maladroitement pris que le préfet leur renvoyait leur délibération. Ensuite, aucun état du mobilier n’avait été dressé. Enfin, sur plusieurs points, la congrégation ne respectait pas ce qui avait été convenu dans l’acte.

Pour le choix des filles pauvres qui devaient être accueillies dans l’établissement de secours, cela devait se faire sur présentation des maires et curés mais il n’y avait aucune visite et les choix étaient faits en toute opacité.

Les exigences de madame de Rocca concernant l’’admission des malades, les consultations gratuites, les médicaments, les visites à domicile ne sont pas mieux respectées : les malades « endurent le froid », les consultations ont été supprimées, les remèdes sont de mauvaise qualité.

Le curé chargé des soins religieux (et rétribué pour ça) refuse de célébrer la messe dans l’établissement prétendant qu’il n’y est tenu qu’à l’administration des sacrements.

Le contrôle des comptes par l’évêque d’Autun n’est pas fait. Il s’apercevrait à cette occasion que la somme prévue pour payer les domestiques a été divisée par deux.

Toutes ces exigences prévues par l’acte de donation n’étant pas respectées, madame de Rocca demande au tribunal de déclarer sa donation nulle et de nul effet.

Ce qu’elle obtient le 23 janvier 1861.

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