1914, fraternisations sur le front

Le 25 décembre 1914, le soldat Antonin Delangle (210e RI) note, dans son carnet de guerre :

Temps froid, il a gelé fortement. Toute la journée, on entend le canon. Dans les tranchées, les allemands et français échangent cadeaux et politesses.

Fraternisation ?

Ce jour-là, le Journal de Marche et d’Opérations de son régiment indique seulement :

25 décembre 1914

 

 

 

Le 17 décembre2015, le « Monument des Fraternisations » a été inauguré, en mémoire des soldats qui ont, une nuit, cessé de se voir en ennemis.

 monument fraternisationphoto Jérôme Pouille  – http://www.echo62.com

 

Bertrand Tavernier avait écrit, dans le Monde :

Je crois qu’il faut se l’avouer nous ne sommes pas à la mode, nous ne sommes pas dans l’air du temps. Nous, c’est ce petit groupe de gens qui ont été embarqués par Christian Carion (il est difficile de résister à sa fougue chaleureuse), soutenu par Christophe Rossignon pour exaucer un rêve.
Un rêve ancien.
Celui du caporal Louis Barthas. Il faisait partie des soldats qui avaient fraternisé avec les allemands, à Neuville Saint Vaast, près d’Arras (Pas de Calais) au cours de la première guerre mondiale, le soir et la nuit de Noel. Ces soldats qui, dans les deux camps,  avaient stoppé la guerre pour imposer un moment de camaraderie, de fraternité. Et Barthas s’était dit que ce serait beau qu’on édifie un monument, rappelant ce moment d’audace, un monument qui ne  recense pas les morts mais au contraire nous parle de paix, d’espoir, de générosité.
(…)

Eh oui nous venons ici parler de paix. De Paix ? Mais vous n’entendez pas autour de vous, tous ces discours, toutes ces proclamations, ce vocabulaire de combat qu’on utilise jusqu’au plus hauts sommets de L’État…Vous n’entendez pas qu’on parle d’éradication, de guerre ?
Bien sûr nous l’entendons et, entre parenthèse, on peut se demander si le fait de transformer des assassins de civils, responsables de meurtres commis au nom de l’ignorance et du fanatisme, ne sont pas quelque peu anoblis que d’être assimilés à des guerriers. Oui nous communions dans le chagrin, le deuil des victimes. Mais cela ne nous empêche nullement de rêver à autre chose, même si cela paraît utopique.
(…)

Célébrons cet acte d’héroïsme que fut ce moment de fraternisation, cette petite lueur dans la nuit qui nous montre que même dans un déchaînement de violence, on peut, on doit encore espérer.

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