Sage femme

Le 12 janvier 1782, un chirurgien de la Clayette tire « du sein de sa mère » une fille qui, malheureusement, ne vivra pas.

On la baptise mais l’acte de monsieur le curé ne donne pas le prénom, peut-être parce que le baptême a été donné par le chirurgien…

1782césarienne

le 12 février 1783, à Curbigny, Jeanne Lamboraud met au monde un enfant… et meurt deux semaines plus tard.

Le veuf se remarie le 10 juin avec sa bonne. Six mois plus tard, elle met au monde un enfant… qui décède dans les premiers jours.

Naître… et demeurer

« Depuis longtemps, j’entends le public se plaindre de l’inexpérience des sages-femmes de la campagne. Une des principales causes du dépérissement de l’espèce humaine dans les campagnes est l’insuffisance des sages femmes dans l’art des accouchements qu’elles pratiquent sans connaissances, d’où il résulte trop souvent qu’elles font périr en même temps la mère et l’enfant ou mutilent l’un et l’autre de manière qu’ils restent languissants pendant leur vie. »

ainsi s’exprime, le 7 janvier 1782, Monsieur Girard Labrely, syndic des Etats du Mâconnais, devant Monseigneur l’évêque de Mâcon, chef et président né des Etats particuliers du Mâconnais.

Il a une proposition à faire :

Des femmes seront instruites gratuitement dans l’art des accouchements. Ainsi, dans peu d’années, on ne verra plus autant de mères et tant d’enfants mourir par la seule faute des sages-femmes.

Les femmes sélectionnées devront

  • être mariées
  • avoir plus de dix-huit ans
  • avoir la main propre aux opérations de l’art d’accoucher, c’est à dire petite et les doigts longs
  • avoir une constitution robuste
  • ne montrer à l’extérieur aucune infirmité dégoûtante
  • et marquer sur elles un air de propreté.

 

C’est monsieur le curé qui sera chargé de recruter les candidates…  avec l’aide des femmes de sa paroisse qu’il réunira dans son église, porte fermées et sans la présence des hommes.

Régime prévu :

Les élève se lèveront à cinq heures et demie puis elles s’habilleront, feront leur lit et prieront Dieu en commun

Travail de 6 h du matin à 8 h
De 8 à 9, elles entendront la messe
Déjeuner de 9 h à 9 h 30
Travail jusqu’à midi
Dîner une heure
Récréation une demi-heure
Travail de 13 h 30 à 15 h
Promenade avec la sage-femme de 3 à 4
Goûter une demi-heure
Travail jusqu’à 19 h 30
Souper et récréation jusqu’à 20 h 45
Prière du soir en commun jusqu’à 21 h

Elles se coucheront ensuite, chacune dans un lit particulier

Tous les mois, elles s’approcheront des sacrements

La nourriture sera réglée comme il suit

Pour déjeuner pain bis de ménage, fruits ou fromage, eau, vin
Pour dîner soupe, entrée et bouillie (pour les jours maigres, soupe, poisson, œufs ou herbages apprêtés)
Pour goûter pain, fruits ou fromage
Pour souper salade et rôti (pour les jours maigres, salade, œufs, poissons et herbages)

 

En 1791, le boucher Chassy de la Clayette demande que sa fille soit admise aux cours d’accouchement de Mâcon.

Pas de chance, il y a déjà une candidate.

Il faudra que le District de Marcigny insiste : « les sujets dans l’art d’accoucher ne sauraient être assez multipliés »

Le Directoire de Saône et Loire, hésitant, accepte après moult avis.

On verra encore longtemps en Brionnais mourir femme et enfant…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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