Où sont passés nos châteaux ?

On n’évoquera pas, de nouveau,  L’énigmatique château d’Anglure sous Dun

Mais il y a d’autres énigmes :

A Saint Racho, plusieurs actes évoquent la présence d’un château à Collanges, en dessous du bourg, à proximité de l’actuel cimetière

par exemple, une convention de 1757 indique que Simon Durix a été nommé tuteur des enfants Gauthier par la justice de Collanges le 7 mai 1712.

En 1793, un Grandjean achète une partie des biens nationaux de l’émigré Vichy, dont la tour de Collanges

Le château figure sur la carte de Cassini…

Collanges

Aujourd’hui… même pas un tas de cailloux. L’ancien maire de Saint Racho n’en a jamais entendu parler.

A Saint Igny de Vers, le château de la Garde possédait une basse justice devant laquelle Philippe Durix s’était trouvé plusieurs fois (il s’oblige d’ailleurs envers le notaire Geoffroy en 1781 pour ces instances).

En 1708 a lieu, à Saint Racho, le mariage du Comte de la Garde : messire Antoine de Montchanin venait de son château de la Garde, à Saint Igny de Vers, pour la célébration de son mariage avec demoiselle Eléonore de Fay de Maubourg.

En 1763, l’héritière du curé de Saint Racho fait convoquer devant le juge de la Garde le maréchal ferrant du village dont la fille avait découvert le magot du curé dans des circonstances un peu gênantes à raconter ici (on en trouvera le récit dans l’excellent  ouvrage de référence qu’on s’arrache, Sur la terre)

En 1795, le notaire de Saint Igny de Roche établit la vente du vestibule et de la cour du  ci-devant château de la Garde, une partie de ce qui avait été adjugé par la Nation le 28 ventôse an II (District de Villefranche sur Saône).

Le cadastre mentionne encore ce château en 1825…
François-André Varnet, dans Géographie du département du Rhône. [1898] indique :  à la Garde, on remarque un ancien château qui remonte au XVe siècle.  (BNF/Gallica)
Aujourd’hui… aucun relief :

St Igny château la Garde sur aérien

En 1801, des experts se penchent  sur  le devenir de la tour du château de Chamron  à Saint Julien de Jonzy :

La veuve de Claude Gilbert  Chevalier  leur fait observer que, des bâtiments du ci-devant château qui s’écroulent par vétusté, il reste en leur milieu une grande tour. Las, le mur du sud vient de tomber, entraînant tous les murs intérieurs et les planchers…

Les experts mesurent : 42 pieds sur 34 et 100 pieds de hauteur, avec des murs de 5 à 6 pieds d’épaisseur. Pas un simple pigeonnier, en somme.

Mais la suite est facile à prévoir : messieurs les experts sont d’avis qu’il y a tout intérêt à vendre aux enchères ce qui reste de la tour, qui s’éboulera infailliblement.

Un internaute spécialiste de la famille de Vichy (*) a eu l’amabilité de m’envoyer un ouvrage dans lequel il évoque le château de Chamron d’où j’extrais avec son autorisation le plan des lieux :

château Chamron5

Au moins, pour ce château, c’est clair… Il ne reste plus rien (ou presque)

château Chamron IGN

Pourtant, la description suivante (*) donne une idée de la bâtisse :

Le château de Chamron consistait originellement en une grosse tour octogonale creusée d’une porte au tympan armorié. Restauré et partiellement reconstruit en 1738 par Gaspard III, frère de la marquise de Chamron, le logis central présenta alors une tour quadrangulaire haute de trois étages, flanquée de deux pavillons et mansardes, offices, caves, cuisine, pont-levis au nord pour accéder aux appartements. Les abords s’agrémentaient de deux grandes terrasses avec jardins à la française, colombier, glacière et même une chapelle dédiée à Notre Dame des Bonnes Nouvelles.

A la Révolution, l’ensemble fut vendu comme bien national pour 106 000 livres.

Enfin, plus près de nous, début février 1930, on démolissait le château de Saint Christophe en Brionnais construit cent ans auparavant par le comte de Busseul sur l’emplacement du manoir du marquis de St Christophe.

Le journal qui relate l’événement ne dit pas pourquoi, tout en précisant que le bâtiment aurait encore défié les siècles.

On imagine l’émotion des habitants qui avaient vécu dans son voisinage, qui avait été fermiers des terres ou qui y avaient servi.

château Saint Christophe

collection Archives Départementales

Sur la propriété se trouvait la source thermale  qui a fonctionné jusqu’en 1914.

(*) Merci à Pierre E. Richard pour ses

  • Lettres inédites de Madame du Deffand à sa famille (1724-1780),  éditions Michel de Maule, Paris, 2007. (ISBN 9782876232136)
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