Sur la voie verte…

Un beau dimanche de juin…

voie verte

 

Un peu d’histoire…

La voie verte de Charnay les Mâcon, la première Voie verte de France, a été aménagée entre Cluny et Givry sur une ancienne voie de chemin de fer, celle de la ligne de Mâcon à Paray le Monial.

A Cluny, elle se connectait  sur celle venant de Chalon en direction de Roanne et qui passait à Curbigny.

voie verte train

La ligne Mâcon-Paray  fut ouverte à l’exploitation le 15 août 1870. 77 kilomètres, quel chantier que le fameux tunnel…

 

La ligne de Chalon à Roanne, ouverte en 1888, sera fermée dans les années 40 comme la partie entre Cluny et Paray.

Il y avait des gens pas convaincus…

1911train dessin1

 

La partie Mâcon-Cluny restera en fonctionnement jusqu’en 1968…

voie verte Charnay

 

2017

20e anniversaire de la voie verte

programme

Où sont passés nos châteaux ?

On n’évoquera pas, de nouveau,  L’énigmatique château d’Anglure sous Dun

Mais il y a d’autres énigmes :

A Saint Racho, plusieurs actes évoquent la présence d’un château à Collanges, en dessous du bourg, à proximité de l’actuel cimetière

par exemple, une convention de 1757 indique que Simon Durix a été nommé tuteur des enfants Gauthier par la justice de Collanges le 7 mai 1712.

En 1793, un Grandjean achète une partie des biens nationaux de l’émigré Vichy, dont la tour de Collanges

Le château figure sur la carte de Cassini…

Collanges

Aujourd’hui… même pas un tas de cailloux. L’ancien maire de Saint Racho n’en a jamais entendu parler.

A Saint Igny de Vers, le château de la Garde possédait une basse justice devant laquelle Philippe Durix s’était trouvé plusieurs fois (il s’oblige d’ailleurs envers le notaire Geoffroy en 1781 pour ces instances).

En 1708 a lieu, à Saint Racho, le mariage du Comte de la Garde : messire Antoine de Montchanin venait de son château de la Garde, à Saint Igny de Vers, pour la célébration de son mariage avec demoiselle Eléonore de Fay de Maubourg.

En 1763, l’héritière du curé de Saint Racho fait convoquer devant le juge de la Garde le maréchal ferrant du village dont la fille avait découvert le magot du curé dans des circonstances un peu gênantes à raconter ici (on en trouvera le récit dans l’excellent  ouvrage de référence qu’on s’arrache, Sur la terre)

En 1795, le notaire de Saint Igny de Roche établit la vente du vestibule et de la cour du  ci-devant château de la Garde, une partie de ce qui avait été adjugé par la Nation le 28 ventôse an II (District de Villefranche sur Saône).

Le cadastre mentionne encore ce château en 1825…
François-André Varnet, dans Géographie du département du Rhône. [1898] indique :  à la Garde, on remarque un ancien château qui remonte au XVe siècle.  (BNF/Gallica)
Aujourd’hui… aucun relief :

St Igny château la Garde sur aérien

En 1801, des experts se penchent  sur  le devenir de la tour du château de Chamron  à Saint Julien de Jonzy :

La veuve de Claude Gilbert  Chevalier  leur fait observer que, des bâtiments du ci-devant château qui s’écroulent par vétusté, il reste en leur milieu une grande tour. Las, le mur du sud vient de tomber, entraînant tous les murs intérieurs et les planchers…

Les experts mesurent : 42 pieds sur 34 et 100 pieds de hauteur, avec des murs de 5 à 6 pieds d’épaisseur. Pas un simple pigeonnier, en somme.

Mais la suite est facile à prévoir : messieurs les experts sont d’avis qu’il y a tout intérêt à vendre aux enchères ce qui reste de la tour, qui s’éboulera infailliblement.

Un internaute spécialiste de la famille de Vichy (*) a eu l’amabilité de m’envoyer un ouvrage dans lequel il évoque le château de Chamron d’où j’extrais avec son autorisation le plan des lieux :

château Chamron5

Au moins, pour ce château, c’est clair… Il ne reste plus rien (ou presque)

château Chamron IGN

Pourtant, la description suivante (*) donne une idée de la bâtisse :

Le château de Chamron consistait originellement en une grosse tour octogonale creusée d’une porte au tympan armorié. Restauré et partiellement reconstruit en 1738 par Gaspard III, frère de la marquise de Chamron, le logis central présenta alors une tour quadrangulaire haute de trois étages, flanquée de deux pavillons et mansardes, offices, caves, cuisine, pont-levis au nord pour accéder aux appartements. Les abords s’agrémentaient de deux grandes terrasses avec jardins à la française, colombier, glacière et même une chapelle dédiée à Notre Dame des Bonnes Nouvelles.

A la Révolution, l’ensemble fut vendu comme bien national pour 106 000 livres.

Enfin, plus près de nous, début février 1930, on démolissait le château de Saint Christophe en Brionnais construit cent ans auparavant par le comte de Busseul sur l’emplacement du manoir du marquis de St Christophe.

Le journal qui relate l’événement ne dit pas pourquoi, tout en précisant que le bâtiment aurait encore défié les siècles.

On imagine l’émotion des habitants qui avaient vécu dans son voisinage, qui avait été fermiers des terres ou qui y avaient servi.

château Saint Christophe

collection Archives Départementales

Sur la propriété se trouvait la source thermale  qui a fonctionné jusqu’en 1914.

(*) Merci à Pierre E. Richard pour ses

  • Lettres inédites de Madame du Deffand à sa famille (1724-1780),  éditions Michel de Maule, Paris, 2007. (ISBN 9782876232136)

Sage femme

Le 12 janvier 1782, un chirurgien de la Clayette tire « du sein de sa mère » une fille qui, malheureusement, ne vivra pas.

On la baptise mais l’acte de monsieur le curé ne donne pas le prénom, peut-être parce que le baptême a été donné par le chirurgien…

1782césarienne

le 12 février 1783, à Curbigny, Jeanne Lamboraud met au monde un enfant… et meurt deux semaines plus tard.

Le veuf se remarie le 10 juin avec sa bonne. Six mois plus tard, elle met au monde un enfant… qui décède dans les premiers jours.

Naître… et demeurer

« Depuis longtemps, j’entends le public se plaindre de l’inexpérience des sages-femmes de la campagne. Une des principales causes du dépérissement de l’espèce humaine dans les campagnes est l’insuffisance des sages femmes dans l’art des accouchements qu’elles pratiquent sans connaissances, d’où il résulte trop souvent qu’elles font périr en même temps la mère et l’enfant ou mutilent l’un et l’autre de manière qu’ils restent languissants pendant leur vie. »

ainsi s’exprime, le 7 janvier 1782, Monsieur Girard Labrely, syndic des Etats du Mâconnais, devant Monseigneur l’évêque de Mâcon, chef et président né des Etats particuliers du Mâconnais.

Il a une proposition à faire :

Des femmes seront instruites gratuitement dans l’art des accouchements. Ainsi, dans peu d’années, on ne verra plus autant de mères et tant d’enfants mourir par la seule faute des sages-femmes.

Les femmes sélectionnées devront

  • être mariées
  • avoir plus de dix-huit ans
  • avoir la main propre aux opérations de l’art d’accoucher, c’est à dire petite et les doigts longs
  • avoir une constitution robuste
  • ne montrer à l’extérieur aucune infirmité dégoûtante
  • et marquer sur elles un air de propreté.

 

C’est monsieur le curé qui sera chargé de recruter les candidates…  avec l’aide des femmes de sa paroisse qu’il réunira dans son église, porte fermées et sans la présence des hommes.

Régime prévu :

Les élève se lèveront à cinq heures et demie puis elles s’habilleront, feront leur lit et prieront Dieu en commun

Travail de 6 h du matin à 8 h
De 8 à 9, elles entendront la messe
Déjeuner de 9 h à 9 h 30
Travail jusqu’à midi
Dîner une heure
Récréation une demi-heure
Travail de 13 h 30 à 15 h
Promenade avec la sage-femme de 3 à 4
Goûter une demi-heure
Travail jusqu’à 19 h 30
Souper et récréation jusqu’à 20 h 45
Prière du soir en commun jusqu’à 21 h

Elles se coucheront ensuite, chacune dans un lit particulier

Tous les mois, elles s’approcheront des sacrements

La nourriture sera réglée comme il suit

Pour déjeuner pain bis de ménage, fruits ou fromage, eau, vin
Pour dîner soupe, entrée et bouillie (pour les jours maigres, soupe, poisson, œufs ou herbages apprêtés)
Pour goûter pain, fruits ou fromage
Pour souper salade et rôti (pour les jours maigres, salade, œufs, poissons et herbages)

 

En 1791, le boucher Chassy de la Clayette demande que sa fille soit admise aux cours d’accouchement de Mâcon.

Pas de chance, il y a déjà une candidate.

Il faudra que le District de Marcigny insiste : « les sujets dans l’art d’accoucher ne sauraient être assez multipliés »

Le Directoire de Saône et Loire, hésitant, accepte après moult avis.

On verra encore longtemps en Brionnais mourir femme et enfant…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salauds de pauvres (bis)

Les campagnes sont devenues aussi dangereuses que le chemin de ronde des fortifications de Paris.

C’est que, depuis vingt ans, tous les ressorts administratifs sont cassés.

Du haut en bas de la hiérarchie, pas un ne fait son devoir.

Les lois sont considérées comme des en-cas dont l’observation n’est pas obligatoire et, pour ce qui est des simples règlements, on ne se donne pas la peine de les lire. Du garde champêtre au directeur de la sûreté publique, en passant par la mairie et la caserne de gendarmerie, tout le monde est en faute.

Il est difficile de former une statistique exacte du vagabondage car on en sait pas où cet état commence ni où il finit. Cependant, on a ordonné aux gendarmes de toutes les brigades de demander, le même jour, leurs papiers à tous les individus suspects qu’ils rencontraient. C’est ainsi qu’on en a recensé 25 000. Si l’on tient compte des malades, des prisonniers et de ceux ont pris la traverse, on peut être certain que le contingent est d’au moins 30 000 individus qui, entre ce qu’on leur donne et ce qu’ils prennent ou détruisent, prélèvent une contribution journalière de 100 000 francs, semant en outre la terreur, colportant la vermine, propageant le mauvais exemple et se conduisant partout en ennemis publics.

Par une étrange fatalité, il semble que les autorités les plus élevées, par une fausse philanthropie, augmentent le mal : ainsi on a créé des feuilles de route qui impliquent le paiement d’allocations de secours de route, insuffisants pour que l’homme puisse en vivre mais suffisants pour lui donner le droit légal de vagabonder et le mettre à même de marauder tout en pouvant exhiber la pièce de deux francs qui doit le rendre sacré pour le gendarme.

chemineau

un ennemi public

Si on comprend que l’on ne puisse pas empêcher des citoyens français de voyager en roulotte et de camper sur les champs de foire, il est incontestable que c’est un droit et un devoir que d’interdire cette faculté barbare aux étrangers. Il faut donc refuser rigoureusement l’entrée en France aux troupes de bohémiens qui, sous des costumes plus ou moins pittoresques, exercent des métiers plus ou moins honnêtes.

Quelques mesures proposées :

Reconstituer les cadres et le personnel de la milice de la sûreté publique
Rendre plus efficace l’œuvre de la police par le concours de la justice
Susciter chez tous les agents qui concourent à la police générale un renouveau de zèle
Réveiller chez tous le sentiment de la responsabilité
Mettre de la suite dans les idées et de la constance dans l’exécution

 

Extrait du Rapport de la commission pour rechercher les moyens d’améliorer la police du vagabondage et des campagnes – présidée par monsieur le sénateur inamovible de Marcère
Publié dans L’Écho du Charollais le 8 février 1898

 

Salauds de pauvres !

ÉLECTIONS, piège à c…

Le suffrage universel ? la plus grande duperie qu’aient pu inventer nos sangsues bourgeoises.

Que nous importe d’être gouvernés par des soi-disant socialistes ?

Avec votre bulletin de vote, ferez-vous rendre gorge au Capital qui vous étrangle ? Non, mille fois non !

De deux choses l’une :

  • ou vous avez la force de prendre ce que vous demandez, alors prenez-le !
  • ou bien, il faudrait que vous ayez dépassé les bornes de la naïveté pour croire qu’une classe qui possède tout ira se ranger d’elle -même à l’égalité sociale.

Maintenant, naïfs ou complices, allez aux urnes !

 

Aussi vite arrachées que collées, des affiches d’un groupe de révoltés du suffrage universel  avaient donné bien des émois au sous-préfet de Charolles lors des élections municipales de… 1881.

 

Un peu plus artisanales, celles-ci que la gendarmerie avaient repérées dans plusieurs endroits de Montceau les Mines :

1881affiches contestataires2

 

Le lieutenant de la 8e légion qui fait son rapport se demande s’il y a là un délit dont il faut rechercher l’auteur…

Restons Français !

Un jour que je faisais quelques emplettes dans un magasin de bricolage à la Clayette,  je surpris une conversation en langue étrangère qui me fit immédiatement penser que, décidément, les frontières étaient des vraies passoires. Je me demandais d’où venaient ces étranger qui s’exprimaient ainsi, bien cachés derrière un linéaire de pots de peinture :

 

– Dze liso su in dzorniau que quand les vatses avint pu de lait, y étot qu’y s’embétint !

– Ah bin ! y nos en disant des belles, stés écrisons de chroniques agricoles !

– Y disont mainme que la SPA va être oblidziée de veni faire des grimaces devant elles pe les faire rigoler pasque l’ennui les fait trop cheffri…

– Quand no rentre les vatses à l’étrobie l’hiver, y est don pasqu’y s’embéton… Faudrait-y alors les mettre dans de braves tsambres envé des grandes fenêtres perou qu’y pourront va les prés. A peu les y donner aussi, tos les dzos, dou trois dzorniaux pe les amuser, les mener à théâtre…

Si vos voli ava du lait

– Maintenant que notés savants ont trouvé le mau, y touveront-y le remède ? Y va cheurement être un chti microbe que ne les y mettra sous la peau et que les fera rigoler c’ment des baleines…

– Si dz’étot au governement, dze ferot in prix pe stu-là que touvera stu crobe…

Soudain, des sirènes de police retentirent devant le magasin qui se remplit en un instant d’une escouade de robocops à la recherche d’étrangers qu’on venait de leur dénoncer.

 

traque d’un tireur à la carabine à plomb à Lyon
J’ai été réveillé en sursaut… En m’assoupissant, j’avais coincé une touche de mon ordi qui couinait  comme une sirène.

Sur mon écran, un article du


expliquait en patois comment empêcher les vaches de perdre leur lait…

C’est l’heure !

Dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mars, à onze heures du soir, toutes les horloges publiques seront avancées d’une heure. Leur aiguille passera BRUSQUEMENT de onze heures à minuit.

L’heure ainsi modifiée réglera pendant l’été tous les usages ordinaires de la vie.

Le gouvernement prie le public de vouloir bien avancer toutes les pendules et les montres d’une heure.

Le but principal de cette mesure est d’économiser chaque jour une heure de lumière artificielle et, par conséquent, de réserver à la Défense nationale une quantité considérable de charbon.

On remercie le préfet de Saône et Loire de nous avoir si bien renseignés en février 1918.

 

1918horloge

Allez, au boulot ! et « brusquement »

 

Merci à l’abbé Tof. A défaut d’image du mécanisme de l’église de Curbigny, on peut visiter  ici